Être heureux dans la vie c’est s’accorder chaque jour des petits plaisirs minuscules.
C’est le matin, le réveil sonne, nous sommes en Janvier, il est 6h, le soleil n’est pas encore levé. Tout le monde dort encore et on doit dans un effort colossal s’extirper du lit. Les yeux se ferment, on trébuche, on se cogne, on se fait mal, on a froid. On arrive dans la salle de bain, on a une tête affreuse. On regarde l’heure, on est en retard. Vite on se prépare, on se coiffe sommairement, on enfile un haut, un pull et là on prend le pantalon laissé sur le radiateur la veille, on ne s’en souvenait même pas. Quelques instants, on n’est plus en retard, on n’est plus en janvier, on n’est plus fâché de l’heure matinale.
Ce sera une bonne journée.
Certains auront peut être reconnu la source d’inspiration,
un livre de chevet parfait surtout si avant de s’endormir on a un petit coup de
blues.
Aujourd’hui je suis malade, encore. Surement une saloperie attrapée à Taiwan il y a deux jours. CE n’est pas une mauvaise chose d’ailleurs, car après avoir passé la nuit à bosser sur une étude de cas de la chaise LC4 bourrée de café et donc dans un état second, dormir un peu m’a finalement fait du bien. Toujours est-il que je me retrouve au lit à 14h un lundi, et qu’à part créer une frise pour les enfants de 7 à 10 ans sur le thème du voyage dans le temps, destinée à décorer une aire de jeu qui n’existe pas, je n’ai rien faire (vous remarquerez la subtilité avec la quelle j’arrive à vous faire part des sujets toujours plus étranges les uns que les autres, que je dois subir)
Et au passage, si quelqu’un a une idée pour la frise ce n’est pas de refus. Pas que je dois finir par pour mercredi sans faute, mais un petit peu quand même.
Mais revenons au sujet dont je voulais parler. En cliquant un peu au hasard, je suis tombée sur la page de mes groupes que j’avais totalement oublié. Je me suis rapidement remémoré les femmes de Vox et les fougères, mais j’ai surtout remarqué des invitations nouvelles qui sont certainement là depuis des lustres. Alors que je les acceptais parce que après tout pourquoi pas, je me suis imaginée dans ce genre de situation, mais dans la vie réelle.
-Salut Martine, bon anniversaire !
-…
-Oui je sais, je suis un peu en retard, mais je n’ai trouvé l’invitation qu’aujourd’hui
-…
-Et bah alors, un sourire ! On n’est pas heureux de me voir ?
-… Martine est morte, depuis 4 ans. Je suis sa fille.
-Et M* !
Cocasse…
Signature
Chapitre premier : Comment je suis partie de chez moi dans la joie et la philosophie de mon maître B.
Cette nuit j’ai attrapé mon sac de cours, je l’ai vidé et rempli à nouveau avec mon matériel d’escalade, quelques vêtements chauds, mon appareil photo, un calepin et un critérium. Comme prévu, j’ai effectué un voyage autour du monde afin de rencontrer des pochettes de dessins de toutes les origines, dans la joie et la philosophie de mon maître de dessin : B. qui répétait souvent : Toutes pochettes est bien dans le meilleur des mondes.
Pleine d’entrain je me suis tout d’abord rendue au port le plus proche, et j’ai embarqué pour les Etats unis. Avec l’investiture du nouveau président encore toute récente je me suis dis que je n’aurai pas de mal à me glisser chez les humains en toute discrétion pour pouvoir interroger quelques un de leurs cartons. Mon intuition était bonne. A peine mettais-je le pied sur le territoire américain que je me retrouvais plongée dans un univers presque paranormal. A la bonne heure ai-je pensé ! Mais qu’est ce que ce sera quand les gens commenceront à râler contre celui qu’ils acclament tant aujourd’hui, car ne nous leurrons pas, cela va arriver plus rapidement qu’on le pense.
Chapitre second : Comment j’ai rencontré ma première pochette et ce qu’elle m’a dit
Je décidais de ne pas me faire remarquer, aussi je me suis glissée le plus rapidement possible dans un grand appartement New yorkais. J’avais aperçu par la fenêtre de nombreuses peintures au mur, j’étais donc persuadée d’y trouver mon bonheur. L’endroit était très chic, vite j’enfilais mes gants pour ne laisser aucune marque. J’attrapais ma lampe torche et je me lançais à la recherche de l’objet convoité. Je le trouvais là appuyé contre un fauteuil blanc hors de prix. Il avait fait mine de ne pas me remarquer. Je m’approchais et me présentais rapidement, il accepta de me donner une entrevue.
Il me dit être « la pochette de rangement artistique » du peintre de renommée mondiale Hugues Revnon. De peur de passer pour une inculte, je me gardais bien de lui dire que je n’avais jamais entendu un tel nom. Après que j’ai longuement insisté, elle m’autorisa à regarder les dessins qu’elle contenait. Je restais bouche bée devant une feuille blanche uniquement marquée d’un point bleu en son centre, et d’une énorme signature en bas à droite. Elle me vanta longuement les prouesses de son humains, et bien sûr, les siennes. Elle avait voyagé, et transporté des millions de dollar en papier, et s’estimait être la pochette la plus importante puisque la plus utile en ce monde. Je me lassais bien vite de cet individu pompeux, et prétextais une envie pressante pour m’éclipser pour ne plus revenir (l’avantage quand on enquête sur ce genre de personne c’est qu’elles ne peuvent pas marcher).
Chapitre troisième : Comment l’espoir m’est revenu et m’a ensuite quitté.
Déçue, je me demandais si finalement les pochettes n’étaient pas que des êtres vils et égocentriques. Ô B. ! Si toute pochette est bien dans le meilleur des mondes, pourquoi celle-ci avait en elles d’hideuses compositions sans le moindre intérêt, pourquoi dénigrait t-elle ses semblables ? Je n’avais jusque là que l’expérience de la mienne et de celle-ci, mais leur caractère étaient si poussés et semblables que je m’interrogeais longuement sur l’utilité de ma quête quand on m’interpela.
Une pochette abandonnée sur le bord de la route. Dans un premier temps, méfiante, je l’ignorais. Je les connaissais ces objets d’apparence inoffensives qui essayaient ensuite de vous refiler de la pastel et de la bonne, ou une seringue de fixatif utilisée déjà par un ne sait qui. Mais elle insista, aussi, je me vis obligée d’aller à sa rencontre. Cette discutions fut bien plus fructueuse que la précédente. Pour commencer elle me proposa un café contenu dans un thermos douteux, je refusais poliment, m’asseyais, sorti de quoi noter et elle me raconta son histoire.
Elle était née dans une usine non loin d’ici. Elle n’avait que quelques milliards de frères et sœur, qui comme elles étaient destinées à un destin tragique. Elles étaient vendues comme esclaves à des humains sans scrupule, et étaient condamnées à porter toute leur vie des feuilles de papiers, lourdes et parfois même coupantes, pour ensuite finir brûlées quand leur grand âge les empêchait de travailler correctement. A ces mots je me promis qu’à mon retour je ferai mes excuses à mon propre carton qui avait finalement ses raisons d’être aussi ronchon. Mais elle me dit avoir eu de la chance, malgré ses quatre ans et demi, elle était toujours là fidèle au poste, et son humain l’avait même réparé plusieurs fois avec amour. Elle contenait quelques aquarelles ma foi qui révélaient une technique faible mais qui vous transmettaient toute une émotion particulière. Elle insista pour m’en donner une que je roulais et glissais dans mon sac. Cette pochette devait être la plus heureuse du monde d’appartenir à un artiste d’aussi grand talent, je cherchais cet homme du regard mais ne le vis point. J’appris finalement que l’humain en question s’était fait embarquer par la police quelques jours plus tôt. Je quittais donc cette pochette le cœur serré, sachant que son avenir qui paraissait si radieux avait été gâché par l’action d’autres, et que jamais elle ne ferait profiter aux autres des merveilles qu’elle renfermait. Ô B., B. ! Si une pochette n’est pas pompeuses doit elle finir malheureuse ? Mais où est ce meilleur des mondes ?
Chapitre quatrième : Comment je suis arrivée au Japon, et quelles horreurs j’y ai vu.
Je décidais d’acheter un mouton rouge et je m’envolais pour le Japon. Je pensais qu’il serait plus difficile plus difficile de parler aux pochettes, là bas les humains seraient certainement plus présents. Mais les rues étaient désertes. Je jetais un coup d’œil par une fenêtre et je compris, ils étaient tous en train de travailler. Un frisson me parcouru, quelle vie affreuse ! Mais cela arrangeait bien mes affaires. Je me dénichais rapidement un nouveau client, c’était un carton très abimé, il était couvert de coups de cutter, on voyait qu’on avait posé du scotch sur lui, et qu’on l’avait ensuite violemment attaché, en quelques mots ; il faisait peur à voir.
Il me disait appartenir à un architecte du coin. Je lui demandais pourquoi toutes ses blessures, et elle me répondit que dans ce pays quand un projet du maître n’était pas assez bon et devait être modifié, ivre de rage il se défoulait sur son pauvre carton en lui infligeant le supplice du scotch, parfois même double face, quand un projet était refusé, c’était à coup de cutter que la pochette payait. Les planches que je contiens continua t-il, se sont trouvé dans les deux cas. Je jetais un coup d’œil aux planches en question. Rien à redire, elles étaient parfaites, propres, précises, didactiques. La pochette me reprit rapidement, le titre ne respectait pas les mesures de H, c’était pourtant évident ! Je quittais ce pauvre bougre, m’interrogeant de manière de plus en plus poussée sur les paroles de mon maître B. Je pu rapidement constater que toutes les pochettes du pays ou presque étaient dans cet état là. Je fis donc de mon mieux pour partir, et embarquait en échange de mon mouton sur un bateau qui me conduisit Jusqu’à Taiwan.
Chapitre cinquième : Comment je fus enrôlée dans un programme intensif.
Je débarquais sur cette île où parait-il il y avait des pochettes très particulières. Je ne tardais en effet pas à tomber sur elles. Elles étaient à la fille indienne, toute exactement pareilles. Il y en avait des milliards, elles savaient toutes où elles devaient aller. Elles se déplaçaient dans une sorte de ballet infernale dans le quelle je me vis entraînée malgré moi. J’avais beau répéter « Je ne suis pas une pochette ! » personne ne m’écoutait. Je participais donc à un programme d’entrainement intensif. Je devais porter du papier, courir à droite, à gauche, et bientôt je me fis remarquer (en tant que pochette pas en tant qu’humaine). On m’assura n’avoir jamais vu une pochette aussi fainéante, et on m’infligea 30 coups de crayon gomme. Je réussi à déserter le lendemain, et je m’enfui à la nage jusqu’en Italie. Durant mon voyage, je ne cessais de me répéter « Ô B. ! Où est ce meilleur des mondes pour ces pauvres pochettes obligées dès leur naissance à faire leur preuve, sous peine de se faire battre ? »
Chapitre sixième : Comment en Italie je m’infiltrais parmi les pochettes en tant que telle.
J’arrivais dans ce qui fut longtemps la capitale de l’art. J’étais donc persuadée d’y trouver de quoi satisfaire ma curiosité. A mon arrivée, on remarqua l’inscription sur mon front « pochette made in Taiwan ». On ne se posa pas plus de question, et on m’emmena dans une école d’art réputée pour que j’y fasse mon service. Comme j’avais fais la formation de l’île tant réputée, je ne tardais pas à être promue pochette en chef. Je transportais dans toute l’école des dessins des plus importants, sans jamais avoir le temps d’interroger qui que ce soit. Mais c’est en faisant cela que je rencontrai quelqu’un que j’avais bien connu par le passé : le frère de ma propre pochette. C’était un carton à dessin, grand, très bien décoré, qui avait une housse de protection, habit très convoité qui signifiait que vous étiez une pochette « pastelliste », vous faisiez partie de la compagnie des pastels et lui était apparemment très haut gradé. Je lui demandais une interview qu’il accepta.
Il avait longtemps été dans le même magasin que sa sœur, mais quand une horde d’étudiants en arts était venu à la rentrée pour faire ses achats, ils avaient été séparés. Lui avait été acheté par un Italien, qui l’avait ramené dans son pays. Très vite, il était devenu très connu grâce à ses pastels, et il l’avait choisi lui et pas un autre parmi toutes ses pochettes pour transporter ses œuvres. Maintenant il était mondialement connu, et il était loin. L’école avait gardé ce carton comme une relique, puisque l’artiste avait été élève ici. Il était considéré comme le carton le plus important de toute l’école, je l’en félicitais, et me décidais à lui apprendre que j’étais moi-même en procession de sa sœur, chose que je n’aurai jamais du faire.
Il s’insurgea que je n’avais pas le talent pour la posséder, il s’en créa un conflit et dans un excès de violence je le déchirai en deux. Je pris peur, il ne fallait surtout pas qu’on découvre que j’avais fais cela, je lui dérobais sa housse de protection, et réussi à m’enfuir alors que tout le monde me prenait pour lui.
Mon dieu, j’avais moi-même participé à rendre le monde parfait des pochettes dont me parlait B. encore moins parfait que ce que j’avais pu voir jusque là. Je m’en voulais terriblement. Désespérée, j'errais sans but et je fini par atterrir complètement par hasard dans une ville que l’on nommait Berlin.
Chapitre septième : Comment j’ai rencontré la pochette chef de Berlin et ce qu’elle m’apprit.
J’aperçu dès mon arrivée des humains par centaines, ce qui n’avait rien de spécial, mais chacun possédait une pochette. J’en fus grandement étonnée, de peur que le quiproquo ne recommence, j’effaçais l’inscription sur mon front et je m’avançais vers une pochette temporairement abandonnée par son humain qui était allé boire un café. Elle ne me renseigna pas autant que je l’aurai voulu, mais me donna l’adresse du musée national, là où se trouvait leur chef.
Je m’y rendais sans plus tarder, et je fis la connaissance du carton à dessin du conservateur. Il me donna le nom de ce lieu, et m’invita à rester. Ici, les pochettes étaient traitées à l’égal des humains, chacun en possédait une, ou deux, voir trois ! L’art était partout présent, les pochettes jouaient un rôle primordial et elles en étaient remerciées comme cela se devait. Très enthousiaste je me décidais à m’installer un petit moment.
B., il était là ce monde parfait des pochettes ! Je l’avais finalement trouvé ! Elles étaient toute comblées, chacune avait un rôle, aucune n’étais laissée pour compte. Mais je me remis à penser avec nostalgie à ma bonne vieille pochette à moi qui m’attendais (ou pas) près de mon bureau. Je du me résoudre à faire mes adieux à ce pays merveilleux, pour retourner chez moi. On m’offrit quelques victuailles qui étaient très rares là d'où je venais, notamment du papier format A2 ; et même quelques A1 !
Sur la route, je réfléchissais. Même si Berlin avait été une étape formidable, je me plaisais mieux chez moi. L’utopie était trop merveilleuse pour être agréable pensais-je.
Chapitre dernier : Comment je suis rentrée et j’ai retrouvée ma pochette.
Finalement j’étais chez moi, juste à temps, le soleil commençait à se lever. Pour la première fois je témoignais mon affection à ma pochette (qui m’envoya balader mais je n’en avais que faire, j’étais heureuse de la retrouver). Je me couchais, la tête pleine des souvenirs de cette étrange nuit, avec la ferme intention de tout raconter une fois levée.
Pour ceux qui ont eu le courage de lire jusqu’au bout,
vous n’avez rien comprit ? C’est que vous n’avez pas lu Candide. Pour ceux
qui ont comprit, je confirme leur pensée : je dois bel et bien lire
Candide pour mon bac. Pour ceux qui ont vu un énorme texte et qui n’ont pas eu
le courage de le lire : j’aurai fais pareil.
Merci bien
Signature.
Aujourd’hui, j’ai pu profiter de l’une des plus grandes attractions offertes par la ville de Soissons. Elle est disponible 24h/24, accessible à tous mêmes aux personnes à mobilité réduite, et elle est totalement gratuite, et surtout obligatoire. La pluie mesdames et messieurs. Pas un petit cracha de rien du tout qui ne fait que faire frisoter les cheveux au grand désespoir des plus sensibles, je vous parle de la pluie, de cette pluie qu’on apparente aux cordes. Je sais que cela doit être dur à visualiser pour ceux qui n’auraient jamais mit les pieds en Picardie (ou en Bretagne, mais c’est là un sujet bien différent), ceux qui ont une douche murale me comprendrons mieux.
Alors cette pluie pourrait sembler anodine comme ça au premier abord, et oui ce n’est pas la mer à boire (bien que les flaques formées par le déluge n’en soient pas loin) mais pour un STI c’est tout autre. Pourquoi ? Et bien sachez qu’un STI en période d’humidité pu la pluie, ce qui n’est pas fort agréable, de plus, un STI a en sa possession une pochette à dessin, et bien évidemment, des dessins. Ces dessins sont d’une importance capitale car ils permettent d’accéder à la carotte, matérialisée ici par une note sur vingt.
Etant une STI pure souche, je me suis vue confrontée à un problème de taille : devoir me rendre à la gare à pied sachant que cette dernière se trouve à 10 minutes. Hors j’avais passé deux heures à dessiner des nez, et je n’avais pas envie qu’ils se retrouvent tout dégoulinant (oh le jeu de mot !). Un grand dilemme se présenta à moi : devais-je sauver mes dessins ou me sauver moi-même ? La réponse je vous la donne :
Mes vêtements sont trempés et au fond de la panière à linge sal, mes dessins eux sont sur mon bureau, rayonnants de santé.
J’en suis donc arrivée à l’idée suivante : plus tard, je veux être une pochette.
J’ai entendu récemment à la radio un mec qui a voyagé à travers le monde, rencontré des milliers de personnes et cela pour écrire un livre sur les chiens errants. Je projette de faire la même chose, partir à la rencontre des pochettes un peu partout pour les interviewer. J’ai bien tenté d’interroger la mienne, mais il semblerait qu’elle ait hérité de mon mauvais caractère (en plus je la gâte trop, à force de lui donner mon manteau quand il bruine un petit peu). Elle m’a simplement répondu « va te faire foutre ».
Ma pochette est vraiment une connasse, la prochaine fois
je garde le manteau, et tans pis pour la carotte.
Note : vous pouvez appercevoir notre ami Kreepy Kat, que vous pourrez connaitre plus amplement ici.
Signature
Nous les fougères nous aimons nous rassurer quand à notre supériorité intellectuelle sur bon nombre des habitants de cette planète. Pour cela, nous parcourons des salles de discutions, en quête d'âme solitaire et nous nous donnons comme devoir de les aider, profitant au passage de cette agréable sensation que l'intelligence peut procurer parfois. Un exemple parmi tant d'autre : un anglais (qu'il disait), car notre cause ne se limite pas aux frontières de notre "beau" pays.
zahib dit :
hi
Moi-même dit :
oh nan pas toi
zahib dit :
what
Moi-même dit :
tu ma saouuuules
zahib dit :
speak english
Moi-même dit :
nan pas envie
Moi-même dit :
tu me fais chier
zahib dit :
what u say
Moi-même dit :
royalement chiiiier
Moi-même dit :
royaling chiiii
zahib dit :
english ok
Moi-même dit :
oque
zahib dit :
u have cam?
Moi-même dit :
ouais, et de la bonne mec
Moi-même dit :
le dis pas aux poulets (cot cot)
Moi-même dit :
sinan, ça gaze ?
Moi-même dit :
la forme ?
Moi-même dit :
forming ?
zahib dit :
cant u speak english?
Moi-même dit :
YES !
Moi-même dit :
Oh It's raining today
Moi-même dit :
where is my umbrella ?
zahib dit :
u want my umbrella
Moi-même dit :
Where is Bryan ?
zahib dit :
in my pocket
Moi-même dit :
No, he is in the kitchen
zahib dit :
what he is dojing there
Moi-même dit :
He is whith Jenny
Moi-même dit :
the sister of the bryan !
zahib dit :
ok
zahib dit :
is he ur boyfriend?
Moi-même dit :
go in the kitchen
zahib dit :
why
Moi-même dit :
Can you speak french ?
Moi-même dit :
no
zahib dit :
do u like sex
Moi-même dit :
just one word
Moi-même dit :
please !
zahib dit :
yes
zahib dit :
or no
Moi-même dit :
try !
zahib dit :
u try yes
Moi-même dit :
try to say one word in french
zahib :
sein
zahib dit :
ok
Moi-même dit :
it's german stupid...
zahib dit :
no
zahib dit :
whats it meaning
Moi-même dit :
that mein "fuck" but in german
zahib dit :
what u say tits in french
Moi-même dit :
Horloge
zahib dit :
no
zahib dit :
sein
zahib dit :
what u call pussy?
Moi-même dit :
in french we say ampoule
zahib dit :
u have hair on ur pussy?
Moi-même dit :
L'oréal Paris
Moi-même dit :
for hair
zahib dit :
i asked u that u have hair on ur pussy
Moi-même dit :
j'utilise l'oréal pour mes poils de cul
Moi-même dit :
simple efficace, cela les rend doux et soyeux !
zahib dit :
u have hair or no
Moi-même dit :
or
zahib dit :
just tell me
Moi-même dit :
me
zahib dit :
yes
Moi-même dit :
coule
Moi-même dit :
My tailor is rich
Les enfants l’heure est grave. Regardez ce graphique. Quatre vingt cinq pour cent. Quatre vingt cinq pour cent de nos élèves ont leur bac ! Et vous là bas ! C’est moi qui vous fais rire ?! Quatre vingt cinq pour cent ! Vous avez quelque chose à dire ?
[Silence radio dans l’assemblée]
Ah ça vous pouvez être fiers ! Quatre vingt cinq pour cent de réussite, ça fait quatre vingt cinq pour cent d’élèves qui ne reviennent pas l’année prochaine, et je vais vous dire ! Si ça continue ça fera quatre vingt cinq pour cent en moins sur votre salaire ! Il va falloir trouver une solution, je vous préviens, ça ne va pas se passer comme ça !
[Re silence radio dans l’assemblée]
Tsss, et votre diplôme vous l’avez eu où ? A l’université ?! Quelle honte ! Ce n'est pas pour ça que je vous paie ! Fort heureusement j’ai engagé un expert qui va je l’espère nous trouver la clef du problème. Monsieur veuillez entrer.
[Entre un homme étrange, je dirai même qu’il fait peur]
La solution est très simple mes amis. J’ai dans mes recherches découverts qu’il existait dans les tubercules de Solanum tuberosum (comprenez pomme de terre) un agent chimique capable de réduire en bouillie la moindre faculté mentale chez qui que ce soit en cas d’absorbation trop importante. Êtes vous avec moi ?
[Tonnerre d’applaudissement de la part de l’assemblée]
Un peu plus tard, dans la cantine…
Zazacadabra : Des patates tous les midis y’en a marre, moi je dis que ça cache quelque chose
Personne sans importance par rapport à celle citée juste
avant : Pfff, t’es vraiment parano quand tu t’y mets.
The end (?)
Et oui, je dénonce la vérité ! Je risque la prison, mais je me dois de le dire, les patates sont dangereuses, Sauvez vous, sauvez vos enfants, mangez des épinards !
Ce matin, j'ai eu une étrange apparition
Et là on se dit : Heureusement que je suis en STI. La flème de retoucher et mon scanner est pas terrible.
Aujourd’hui j’aimerai vous parler d’un sujet grave, un
sujet d’actualité, un sujet qui touche les jeunes, et les moins jeunes. Je veux
bien sûr parler, de cette fièvre qui a prit possession des internautes depuis maintenant
2006. Oui mesdames et messieurs, vous l’avez reconnu, je veux bien sur parler
de FACEBOOK.
Il est là, il est partout. Où que vous soyez, il y a cette question fatidique, elle plane au dessus de vos têtes comme une épée de Damoclès, « Est-ce que tu as un FACEBOOK » et là je réponds, avec un air détaché mais néanmoins très fier « non. ».
Pour commencer, la définition proposée par notre cher Wikipedia :
Facebook est un site Web de réseautage social destiné à rassembler des personnes proches ou inconnues, en priorité dans les pays anglo-saxons. En décembre 2008, il rassemblait plus de 140 millions de membres à travers la planète, il est le 5e site le plus visité au monde selon Alexa Internet. Facebook est né à Harvard : il est à l'origine le réseau social fermé des étudiants de cette université avant de devenir accessible aux autres universités américaines. La vérification de la provenance de l'utilisateur se faisait alors par une vérification de l'adresse électronique de l'étudiant. Le site est ouvert à tous depuis septembre 2006.
Le nom du site s’inspire des albums photo (trombinoscope ou facebooks en anglais) regroupant les photos prises de tous les élèves durant l'année scolaire et distribuées à la fin de celle-ci aux collégiens, lycéens et étudiants.
Donc, si on résume : FACEBOOK est un site « hyper sympa » qui sert à retrouver des amis perdus de vu, faire connaissance avec de nouvelles têtes, entretenir une relation avec des gens qui habiteraient trop loin pour que cela soit fait en direct.
Devant ces quelques lignes, on ne peut que dire « ouah, mais c’est super ! ». J’ai moi-même été tenté par ce démon aux formes aguichantes, mais FACEBOOK est bien plus qu’un site « hyper sympa » avec des gens tout aussi « hyper sympas ».
Tout d’abord commençons par décortiquer cette expression : « retrouver des amis perdus de vu ». C’est vrai, c’est plutôt pratique. L’inscription se fait sous notre identité réelle, et non pas sous un pseudonyme, facile donc de retrouver ceux qu’on cherche. Il existe aussi des groupes « les anciens du lycée truc » par exemple, qui permettent une recherche plus simple.
Seulement voilà, les amis sur FACEBOOK on les compte. Sur FACEBOOK, on ne dit pas « j’ai une bande d’amis » on dit « j’ai 54 amis. Ah non, 55 depuis hier en fin d’après midi ». Et là, on vous regarde, indigné, un peu gêné. « 55 ? Ah, ouais, c’est pas mal ». Parce que oui, sur FACEBOOK, il y a cette atmosphère de concours entre tous. Le but : avoir le plus d’amis possibles. Alors vous vous retrouvez avec dans vos « amis » le petit Sébastien. Sébastien ? Mais si ! Sébastien ! Celui à qui vous faisiez manger du sable en maternelle (ou l’inverse), celui que vous n’avez pas vu depuis une vingtaine d’année ! Sans rancune ? Mais non ! Sur FACEBOOK on pardonne tout, tant qu’on a un « ami » de plus, le reste devient rapidement obsolète.
Quand à « faire connaissance avec de nouvelles têtes », l’expression n’est pas tout à fait exacte. Il existe en effet des sites sur les quels on s’inscrit pou se mettre d’accord avec les autres utilisateurs. Le dialogue ressemble en résumé à cela :
-Moi c Jaques Durant
-Yo moi c Hervé Dupont, jtajoute ajoute moi
-Ajoute moi mec ! moi c Hélène Elégarsson.
Au moins, cette méthode là est beaucoup moins hypocrite. On ne fait pas celui qui s’intéresse à la petite vie de la fille avec qui on a fait un TP de Chimie il y a 7 ans. Le but avoué : PLUS D’AMIS !
Il y a ensuite la vie privée, ou plutôt, l’étalement de la vie privée. Vous allez me dire : c’est un choix personnel ; oui. Nous avons déjà eu les statuts msn tels que « occupé » « au téléphone » « parti manger », pas besoin de les citer tout, je pense que vous les connaissez. Nous avons ensuite eu le droit aux statuts personnalisables, ce sont cela qui ressemblent le plus aux FACEBOOK. Certains trouvent utile de préciser ce qu’ils ont mangé la veille, d’autres aiment à préciser qu’ils l’ont « enfin fait », et euh… Et cætera. Mais le véritable statut, celui qui est le plus important de tous : L’utilisateur est-il en couple ?! Oui ? Non ? S’il l’est dans la vie réelle, il a tout intérêt à ne pas oublier de le préciser sur le site, sinon son ou sa partenaire risquerait de se poser des questions. Vous vous connectez et oh ! Un tel est en couple depuis 58 minutes ?! Mais qui ? Pourquoi ? Il vous était destiné ! Vous vous morfondez pendant des heures, et soudain… Il est de nouveau célibataire. Votre calvaire vient de prendre fin, félicitation.
Mais ne vous en faites pas ! Toutes vos informations sont bien protégées. Il n’y a que votre liste exorbitante d’amis qui peut les consulter. Vrai ? Vous êtes sûr ? La réponse après la pub.
Buvez du coca, parce que c’est bon.
Nous revoici, nous nous posions la question de savoir si nos informations étaient bien protégées des écrans indiscrets. La réponse tient dans ces quelques mots : vous êtes sur internet.
Maintenant, les entreprises et les grandes écoles se sont mises à la mode « jeune ». Un dossier ? Pas besoin, on a votre FACEBOOK. Alors un conseil, évitez de mettre cette photo hyper drôle de vous accroupi devant la cuvette des toilettes, des cernes jusqu’au menton, un grand sourire vers l’appareil.
Vous l’aurez compris, je n’aime pas FACEBOOK, ou plutôt, je n’aime pas ce qu’on en fait. J’ai un mauvais caractère ? Oui je sais. Ce n’est pas pour ça qu’on ne veut pas devenir « mon ami » sur FACEBOOK, parce que même en n’ayant aucun rapport avec cette arnaque, on reçoit des mails.
Aller, j’arrête de faire ma vilaine ronchon. Il y a surement des points positifs, mais ce ne serait pas drôle des les citer, d’autant plus que n’ayant jamais navigué sur ce site en tant qu’inscrite, je n’y connais en définitive pas grand-chose. Et oui je l’avoue, je suis une mauvaise journaliste qui ne vérifie pas ses sources =)
C’est MAL ! Mais il faut bien s’occuper quand on
fait une insomnie.
Si un jour vous me voyez inscrite, ce qui est possible après tout, vous aurez l’autorisation de vous moquer de moi en me balançant cette note au visage !
Amicalement votre
Signature.
Pour une fois, j’aimerai écrire quelque chose de sérieux. Un texte qui je crois m’aidera à me libérer de pas mal de choses, j’en ai beaucoup parlé autour de moi, mais maintenant je n’ose plus trop, de peur d’emmerder les gens qui ne le connaissait pas, ou de rendre triste ceux qui le connaissait. Alors l’écriture me parait le meilleure moyen d’évacuer, si je le publie ici ce n’est pas forcément pour avoir une réaction, ni pour me donner l’air de « Gothica la fille qui aime parler de la mort parce que c’est trop KAWAIIII », c’est juste pour savoir qu’il y a possibilité qu’on me lise, et donc qu’on « m’écoute ».
Enfin en bref, je voudrai rendre un hommage à Tristan, avec mes mots, sans cérémonie.
Tristan était à l’origine mon prof de cornemuse. Il est mort d’un cancer en octobre dernier.
Je l’ai rencontré parce que je voulais apprendre donc la cornemuse. On ne pensait pas trouver quelqu’un, surtout en Picardie, mais la secrétaire de l’école de musique que fréquentait ma mère et ma sœur leur a apprit que leur directeur avait un rêve depuis longtemps : l’enseigner. Il la pratiquait depuis qu’il était ado, mais ne l’avait jamais apprit à quelqu’un. Il était donc convenu qu’on se rencontre pendant les portes ouvertes de l’école de musique. On m’avait dit « tu le reconnaitras facilement, c’est un grand monsieur avec des grandes moustaches ». Et effectivement, on ne pouvait pas le louper. Il semblait ravi, et s’est empressé de me montrer l’instrument de plus prêt. C’était un juin, aussi, les cours ont commencé en septembre. Je l’avoue, parfois ça me saoulait d’aller en cours, parfois il m’agaçait, tout comme je devais l’agacer par moment.
Il n’a jamais voulu qu’on le paye pour les cours qu’il me donnait. Aussi, on a décidé de lui faire un cadeau de temps en temps. Le premier est je crois ce qui a permis qu’il devienne un ami pour moi et pour mes parents. C’était pour Pâques, et nous lui avions offert une cornemuse en chocolat (je vous laisse imaginer la tête du chocolatier quand on lui a demandé cela).
Il a eu un nouvel Elève : Henri. Je l’avais croisé vite fait, mais on n’était pas encore le groupe que nous sommes devenus par la suite. Rapidement, les répétitions ont eu lieu chez moi, l’instrument étant trop bruyant pour continuer à être pratiqué à l’école. Ont commençait alors à faire des morceaux tout les trois, on ne se contenait plus de jouer chacun de notre côté. Tristan restait toujours boire une bière et parler après la répétition, c’était devenu une sorte de tradition. Il avait toujours le mot pour rire, une anecdote sur ses folles aventures de jeunesses, la pêche aux cocoradennes en Bretagne, ces réceptions de la noblesse où il arrivait à s’incruster lui et ses amis…
Un jour, il nous a parlé de quelqu’un qui faisait de la cornemuse tout seul dans son coin, qui avait prit contact avec lui, et qui était intéressé par nos répétitions. Le même jour (une coïncidence ?), on frappe à la porte. C’était ma voisine, à qui je n’avais parlé qui nous entendait répéter depuis des semaines. Moi aussi je l’avais entendu, elle jouait de la bombarde (un instrument breton qui se marie bien avec ka cornemuse pour ceux qui ne connaissent pas) mais on n’osait jamais se parler (sans compter qu’elle a la trentaine et que je n’ai que 16 ans). La répétition suivante, nous étions donc tous ensembles : Tristan, Henri, Marielle, Alain et moi. On a répété ensembles tous les samedis. Nous sommes devenus un « vrai groupe », autant par la musique que par le reste. Ce n’était pas la différence d’âge qui nous gênait, on parlait bien, on riait bien, et on jouait bien. Nous sommes devenus « The Marguerite manor pipeband », en référence à la ville marguerite dans la quelle je vis, et donc dans la quelle nous répétions tous ensembles.
Tristan qui avait une pratique de l’instrument beaucoup plus élaborée que la notre était le « maître » comme on l’appelait. Il entendait tout, pas question de zapper une note ou une appogiature. Je me rappelle très bien du petit sourire en coin qu’il avait quand on faisait une connerie, des onomatopées qu’il faisait pour imiter nos erreurs, et ce qu’il aurait fallu qu’on fasse. Quand un morceau de cornemuse débute, la cornemuse principale doit avancer d’un pas pour prévenir les autres. Il a toujours respecté les traditions, alors il le faisait. Mais en fait, il avait un regard qu’on connaissait tous, on savait exactement quand est ce qu’on devait commencer. Je crois qu’il était vraiment content qu’on joue tous ensembles, on l’était tous d’ailleurs. Il avait déjà joué en groupe comme ça, il était le seul avec Marielle, et cela leur manquait. Quand j’ai débuté, je voulais jouer toute seule uniquement, mais maintenant que je sais ce que c’est que de jouer en groupe comme ça, je dois bien avouer que ça n’a rien à voir.
En bref, on avançait bien, on avait un niveau d’amateur certes, mais on faisait tout de même des concerts avec l’école de musique dont il n’était plus le directeur, mais avec qui il travaillait toujours, on était même demandés pour des mariages, cela surtout en Juin 2007. Mais c’est aussi en juin 2007 qu’il a commencé a avoir des douleurs, en juin 2007 qu’on a apprit pourquoi ces douleurs.
On répétait depuis peu dans la salle de musique de la ville de Crépy « le Kiosque ». Il nous avait annoncé en fin de cours alors qu’on buvait un coup qu’il avait eu les résultats des teste et que ce n’était heureusement pas un cancer. Mais une semaine plus tard, j’étais sur le pc, dans le bureau, ma mère est montée et elle me l’a dit sans vraiment prendre de gant : Tristan a un cancer. Les premières analyses ne l’avaient pas révélé, mais les suivantes elles l’ont bien montré. Je me rappelle être restée bloquée un petit moment, je ne savais pas trop comment réagir, en fait je ne me rendais pas vraiment compte.
Alors, après, pendant toute la durée de sa maladie ou presque, je n’ai pas pensé un seul instant qu’il pouvait en mourir. Ce n’était pas possible qu’un bonhomme plein de vie comme ça puisse être stoppé par cette saloperie. Mais il avait de plus en plus de mal à jouer, il était très fatigué. Même quand les médecins lui ont interdit de jouer, il continuait. Il détestait être inactif, et il détestait le fait de lâcher l’instrument. Déjà n’en faire qu’une fois par semaine je pense que c’était dur pour lui, mais il ne se plaignait pas oh non. Je ne l’ai jamais vu comme « un homme malade » c’était et ça reste Tristan à mes yeux, oui il avait un cancer, mais ce n’était pas et ce n’est toujours pas aujourd’hui à ça que je pense en premier quand je pense à lui.
Quand je pense à lui, c’est à nos concerts que je pense, aux repas qu’on a fait tous ensembles, et à toutes ces choses là. Pour écrire cette note, j’ai du aller dans les archives de mes mails, je n’ai pas réussi à supprimer tous ceux qu’il m’avait envoyés et pourtant ça me fait mal à chaque fois que je les vois. J’ai regardé le DVD du tout dernier concert qu’on a fait ensembles, dans une église, celle là même où a eu lieu son enterrement.
Quelques semaines avant sa mort, alors qu’il nous invitait, et il le savait, pour la dernière fois, Alain, Isabelle sa femme, Marielle, son mari et ses enfants, mes parents, ma sœur et moi, il m’a offert son biniou (encore un instrument breton pour ceux qui ne connaissent pas). Ma mère m’avait prévenu à l’avance, parce qu’elle savait que ce serait dur, mais même là, j’ai eu du mal à ne pas pleurer, chose que je ne voulais pas faire devant lui et sa famille, ce n’était pas la peine d’en rajouter. Pour ça, j’ai passé pas mal de temps dans les toilettes, aussi parce que je n’aime pas pleurer en public. Maintenant ce biniou est devenu un objet très précieux. Je n’arrive pas encore à en jouer, mais ce n’est pas ça qui est important.
Quelques semaines avant sa mort, il organisait lui-même son propre enterrement. Durant ce même repas, il nous a demandé de jouer pour lui, il nous a dit quelle morceau il voulait pour lui rendre hommage, alors encore aujourd’hui quand je les joue, « Amazing grace » et « When the pipers play », j’ai un pincement au cœur.
Quelques jours avant sa mort, il réconfortait quelqu’un qui venait de tenter de se suicider, alors que lui savait bien ce qui allait lui arriver. C’était vraiment « un sacré bonhomme », pour ne pas dire un grand homme. Il avait des défauts oui comme tout le monde, sinon il en serait devenu antipathique, mais je ne vois pas l’intérêt de les citer ici.
C’était la première fois que j’allais à un enterrement, j’y avais bien été pour mon voisin quand j’étais très petite, mais je ne me rendais pas bien compte. Là, dès que je suis entrée dans l’église, qu’on m’a donné le papier sur le quel il était écrit je m’en souviens encore « Après 52 ans, Tristan s’est finalement décidé à aller diriger le chœur des anges » j’ai du ressortir. Une fois la cérémonie commencée, j’étais assise entre mon père et Isabelle, je n’ai pas pu arrêter de pleurer, moi qui déteste ça. Mais c’était vraiment une belle cérémonie, je ne suis pas chrétienne, mais le prêtre était vraiment bien, il a parlé honnêtement, puisqu’il connaissait Tristan, sa famille a parlé, et les chorales dont il faisait parti ont chanté.
Nous sommes sortis Alain Henri et moi, Marielle ayant eu un empêchement, pour nous accorder. Nous avons joué au moment où le cercueil était sorti de l’église, à la demande de Tristan. Nous étions face à sa famille, et face à lui, puisqu’ils attendaient qu’on ai fini pour le mettre dans le corbillard. Je ne sais pas si on a bien joué, mais en tout cas on a joué pour lui. Quand j’ai entamé Amazing grace en solo, la chorale l’a chanté avec nous. C’est à mon sens, la vraie dernière fois qu’on a joué avec lui.
Je n’ai pas réussi à aller jusqu’au crématorium, j’étais déjà dans un bel état. Je ne sais pas si j’aurai du, peut être, je me pose encore la question aujourd’hui. En tout cas, pour résumer, la seule chose que je voudrai encore lui dire, c’est merci.
Aujourd’hui nous continuons, les premiers temps ça a été dur, mais nous lui avons promis : nous continuons. Nous sommes devenus et je cite Alain : Quadricéphales. Nous lui avons rendu un dernier hommage lord du concert de printemps de l’école de musique et de l’harmonie du Valois. Sa femme et ses enfants avec qui nous gardons contact étaient là, avec nos familles, et c’était pour eux qu’on jouait, en plus de jouer pour lui.
Voilà, c’est un texte pas forcément super bien écrit, mais qui me tenait à cœur, et ça m’a vraiment fait du bien de le faire.
Merci à ceux qui m’ont lu, à ceux qui m’ont soutenu durant cette période, et bien sur, merci à Lui.
Je suis coincée chez moi, clouée au lit, et bon sang ce que ça fait du bien. Oh non, pas de cinéma, je vous rassure je ne vais pas en cours certes, mais en contrepartie je me tortille comme un vers à cause de maux de ventre assez atroces. Enfin, cela me permet de rester là, à écrire en écoutant Gunther (je ne me remets toujours pas d’ailleurs de la note écrite par Gwen portant le doux nom de «On n’est pas venus là pour voir Gunther jouer de la cornemuse »).
Toujours est-il qu’à cette heure ci, je suis bien la seule connectée sur msn ou presque. Du coup, je n’ai personne à qui demander un sujet pour écrire, je vais donc utiliser une nouvelle fois la source d’inspiration qui est pour le moment et pour moi la plus simple et la plus logique : le lycée. Il faut dire que j’y passe une majeure partie de mon temps, puisqu’une fois chez moi je travaille ou je dors (dormir…).
Alors cette fois ci, une petite présentation de ce qu’on fait quand le cours n’est pas très… Passionnant. Appelons cela les activités annexes à l’enseignement. Peut être de quoi faire surgir de vieux souvenirs à certains, et donner des idées à d’autres.
Tout d’abord, celui au quel on pense tous parce qu’on l’a
tous fait au moins une fois, le morpion. Euh… Afin d’éviter tout jeu de mot pourri qu’on
se fait au moins pour soi même, je perce l’abcès :
Voilà, plus d’inquiétude qui plane pour savoir qui le fera en premier, pour les comiques de services, désolée le rôle est déjà pris.
Alors revenons à nos moutons (Bêêêêêêh), le morpion c’est quoi ? Et bien c’est totalement le jeu le plus stupide qui existe. C’est vrai, ça passe le temps, c’est rapide, et discret. Mais au final, on se retrouve dans 90% des cas avec un Match nul. Et alors là on recommence, encore et encore jusqu’à ce qu’il y ai une victoire. Là, le gagnant jubile, et le perdant lui se défend en disant que ce jeu est débile et que de toutes façons il doit écouter le prof. Le morpion n’est donc pas un moyen de se détendre, cela devient très couvent plus une source de conflit qu’autre chose. Alors je vous le demande, pourquoi ? Pourquoi est ce que depuis toujours on joue au morpion ? Parce qu’on n’a rien d’autre à faire ? C’est une fausse excuse, c’est juste parce qu’on manque d’imagination.
Le principe : on fait quatre magnifiques petits bâtons, et on choisi ensuite son symbole. On a le choix : rond ou croix. Encore une fois, une vérité générale : on veut tous prendre les croix. On est même capable de bouder si on se retrouve rétrogradé au rang de « rond ». Et là, le but est d’aligner 3 de nos symboles(les croix donc si on a eu de la chance) horizontalement, verticalement, ou en diagonale. Ca peut paraître simple, et pourtant, on en arrive toujours au moment fatidique où « de toutes façons je peux plus rien faire ». Soit parce que l’autre vous a piégé, et que quoi que vous fassiez vous avez perdu, soit parce que : que vous le mettiez là où là, aucun de vous n’aura de point.
Il y a ensuite le petit dessin griffonné sur un coin de cahier. Ca peut être n’importe quoi, une caricature, une étoile, le nom d’une idole quelconque, j’en passe et des meilleures.
La plus part du temps, c’est quelque chose que votre voisin va entrevoir, il va se ruer sur vous en disant « oh fais voir ! ». Vous, vous avez un réflexe humain, incontrôlable, vous posez violemment le coude sur la feuille, et la ramenez vers vous, en répondant sur un ton des moins amicaux : « Non casse toi ! » (L’expression « casse toi » fera certainement l’objet d’une note prochaine). S’il insiste, vous irez jusqu’à déchirer votre œuvre, et vous la fourrerez dans votre sac avant de vous rendre compte de votre geste. Votre voisin de bureau se verra alors traité de tous les noms d’oiseaux possibles parce que « tu vois ce que tu as fais ». Enfin, ce cas là concerne un dessin dont vous avez honte, il y aussi le dessin que vous voulez montrer, le dessin fait pour être vu (et pour citer quelqu’un que vous ne connaissez pas : un dessin qui « vend du rêve »).
Ce dessin là, représente bien souvent votre prof, ou quelqu’un de la classe. Il peut se présenter sous la forme d’une BD, d’un monstre hideux avec une flèche indiquant « Monsieur UNTEL », de votre voisin de table (et oui encore lui) et de la personne de ses pensées qui n’est pas loin, et qui évidemment n’est pas au courant. Là vous vous cachez au mieux que vous pouvez pour faire durer le suspens, et une fois votre affaire terminée, vous vous empressez de faire tourner le papier. C’est souvent CE papier que le prof a décidé de voir, parmi tout ceux que vous avez déjà fait passé durant l’année qui eux n’avaient rien de honteux. Là il le ramasse, et le montre à tout le monde. Et là, même la personne que vous cherchiez à humilier le sera moins que vous. Oh, cela ne dure que quelques secondes, mais vous avez de fortes chances qu’on vous en reparle encore pour longtemps. Là vous vous garderez bien de recommencer pendant disons… Deux semaines. Ensuite, devant l’ennui infini que vous éprouvez, vous recommencerez votre petit manège.
Et il a un autre genre de dessin, un dessin que les STI AA (Science technologiques de l’Industrie Arts Appliqués, le nom fait peur, mais c’est juste du design) connaissent bien. C’est ce dessin que vous n’avez pas fait chez vous, ce dessin que vous devez rendre dans une heure à peine, en bref, ce dessin que vous êtes en train de finir en fraude durant votre cours de math, caché grossièrement derrière un trieur blindé, sous un cahier qui est plus là pour faire joli que pour prendre des notes. Ce dessin que vous avez PRESQUE fini, durant une heure vous n’avez rien écouté, mais vous avez bien avancé, vous pourrez le rendre à temps ! Vous y avez passé plusieurs heures, vous êtes fier de vous et là, 2 minutes et quelques secondes avant la fin du cours, c’est le drame. Vous êtes repéré, vous étiez trop prit dans votre travail pour voir cette personne devant vous, les mains sur les hanches, les sourcils froncés, les yeux plein de reproches. Quand après qu’il se soit éclaircit la gorge vous relevez la tête, la question fatidique : « C’est pour le cours de madame machin ? ». Craignant qu’il ne lui répète, vous vous défendez par un « non ! » indigné. Lui qui n’est pas dupe attrape votre précieuse feuille de papier, et la déchire avec un sourire victorieux accompagné de « Bon et bien puisque ce n’est pas important ». Vous vous en restez sans voix, vous voyez toute votre vie défiler devant vos yeux, puis vous vous liquéfiez et ne formez plus qu’une flaque visqueuse et informe sous le bureau, tandis que votre bourreau a reprit tranquillement son harangue.
Il y a aussi la chaise, celle qui « A QUATRE PIEDS » s’échinent-on à nous le répéter. Pourquoi nous dirent cela ? Pour la plus part nous ne sommes pas aveugles, et nous avons les notions nécessaires en math pour arriver à les compter. Ce n’est pas par manque de confiance envers nos capacités arithmétiques, c’est à cause de la manie que nous avons tous à nous balancer en arrière. Encore une fois, c’est quelque chose que nous avons tous fait, soit parce que l’assise nous semblait plus confortable, soit parce que la peur de tomber en arrière aidait à oublier l’ennui profond. Et tomber en arrière, ça nous est également tous plus ou moins arrivé. Et là, nous rendons un grand service à toute la classe. Le prof va en effet s’énerver et nous faire un sermon. Ca, plus le spectacle de notre personne étalée les quatre fers en l’air sur le sol, comma ça sans prévenir, ça aura été une distraction de quelques minutes seulement certes, mais ça aura été une distraction ! Donc en bref : nous balancer d’avant en arrière aura été une activité non seulement pour vous mais aussi pour les autres. C’est donc l’activité la plus intelligente à faire parmi celles citées jusqu’ici.
Aller une petite dernière pour ceux qui auront eu le courage de lire jusqu’au bout.
Regarder par la fenêtre. Franchement, quand vous êtes chez vous, ça vous arrive de regarder par la fenêtre ? Je ne parle pas de « jeter un coup d’œil par la fenêtre », non, je parle de regarder par la fenêtre. Vous savez bien ce que ça fait, tournez la tête et tomber en admiration devant toute cette étendue là dehors. Vous n’entendez plus rien, vous ne savez même plus où vous êtes. Vous avez repéré quelque chose qui en temps normal ne vous aurait même pas interpelé, comme par exemple un oiseau qui sautille sur le sol, une autre classe qui fait de l’endurance, deux dames qui discutent dans la rue et là, vous trouvez ce spectacle particulièrement intéressant. Vous avez un œil nouveau sur tout.
Prenons cet oiseau par exemple, il est là il sautille, il ne fait rien de spécial à part se déplacer. Et pourtant, pour vous, ce geste tout ce qu’il y a de plus banal prend une toute autre dimension. Dans votre tête vous vous mettez à faire les onomatopées qui vont avec, un petit « poum » à chaque fois qu’il touche le sol, cet oiseau n’en est plus un. C’est un robot ou encore un autre héros qui vit une aventure extraordinaire. Une fois qu’il prend son envol, c’est un « PSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSHHRRRR » de fusée que vous vous imaginez. Mais attention, c’est dans sa tête que ça se passe. Sinon, quand vous sortirez de votre rêverie, vous risquez de voir une trentaine de regard tourné vers vous.
Pour l’autre classe qui fait de l’endurance, il y a plusieurs possibilités. Soit vous pensez avec un sourire sadique « j’aimerai pas être à sa place. Oh, lui il galère, oh le naze ! ». Vous pouvez aussi connaître quelqu’un en particulier. Et à chaque fois qu’il passe à proximité, vous faites des gestes pour attirer son attention, oubliant que lui a autre chose à faire que de regarder les gens qui sont bien tranquillement en cours, il est occupé à penser au point de côté qui le fait souffrir depuis la deuxième minute de course. Et encore une fois, quand vous reportez votre attention sur la classe, tout le monde vous regarde avec des grands yeux. Et oui, quand on agite les mains au dessus de sa tête sans raison apparente, ça peut paraître étrange.
Passons enfin aux deux dames qui discutent. Là pas grand-chose, si ce n’est que vous vous demandez de quoi elles peuvent bien parler, pourquoi elles, elles sont là alors que vous vous êtes coincé à l’intérieur, pourquoi elles ne sont pas au boulot, pourquoi celle de droite a un chien si moche, pourquoi ce même chien vient de se faire écraser. Certainement parce qu’elle était trop occupée à parler pour le surveiller, etc…
Mais il y a encore beaucoup d’autres sources de distraction que l’on peut voir par la fenêtre ; et beaucoup d’autres jeux encore que l’on s’invente en cours. Mais là je crois que l’article est déjà assez long come ça, si j’ai des réactions, pourquoi pas le continuer =)
Enfin bref, je vous embrasse pas, sauf si vous voulez être malade, et pour finir je propose à ceux qui quand ils s’emmerdent ont un PC sous le bras un petit site bien sympathique que voici
Bye !
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